H2O

Projet 2016-2017
Plongée dans la vie microscopique de l’eau

H2O_installation_Iglika ChristovaL’oeuvre évolutive H2élaborée en collaboration avec le biologiste Gilles Carpentier, met en scène l’intimité d’une seule goutte d’eau. Cette œuvre, en mêlant dessin, vidéo et installation, donne à voir la vie, invisible à l’œil nu, présente dans une seule goutte d’eau, prélevée spécialement pour cette expérience dans le lac du bois de Vincennes. H2met l’accent sur l’importance de l’eau en tant que source de vie, et ceci notamment dans le contexte de sa raréfaction, en dévoilant un bouillonnement étonnant de vie. En effet, l’œuvre révèle à notre regard toute une faune de protozoaires et autres micro-organismes, ainsi que l’évolution des écosystèmes observés dans l’échantillon d’eau prélevé. Élaborée à partir d’expériences scientifiques, suivant des étapes de travail préétablies et réalisées selon un « protocole recherche-création », H2O crée une pollinisation réciproque entre le dessin et les différentes images de microscopie relatives aux observations de l’échantillon d’eau. Ainsi, depuis juillet 2016, le dessin poursuit et interprète les métamorphoses et les mouvements de la vie invisible dans la goutte d’eau observée. L’interprétation de l’image de microscopie par le biais du dessin ouvre alors un espace de dialogue se situant entre les observations objectives du microcosme et l’imaginaire poétique. L’image de microscopie incite ici à rendre compte simultanément de la singularité et de l’universalité des images par l’évocation des aspects poétiques de la rêverie. Il s’agit donc de créer un espace graphique de l’« entre-deux », interrogeant simultanément le rationnel et l’irrationnel, l’objectif et le subjectif. Bien que le dessin « capture » et reste fidèle à l’aspect visuel et aux mouvements des micro-organismes observés dans l’eau, il ne se limite pas à l’imitation des éléments du microcosme. L’écriture graphique vise un déplacement de ces éléments vers un espace imaginaire.

IMG_20170106_104020_203Comprendre la vie microscopique présente dans une goutte d’eau, ce n’est pas seulement l’appréhender rationnellement, mais aussi l’éprouver à travers des images oniriques qui révèlent notre compréhension intime du monde. Par ailleurs, il ne s’agit pas pour autant de nier la rationalité scientifique, mais au contraire d’ajouter à celle-ci, à travers le dessin, un regard sensible, un contenu poétique et émotionnel. En détournant les codes du protocole scientifique, le « protocole recherche-création », tel un carnet de bord de l’œuvre, indique les phénomènes naturels recherchés, les conditions de réalisation et la planification des expériences. Suivant ce « protocole », qui fait partie intégrante de l’œuvre, il s’agit donc d’observer objectivement les métamorphoses et l’évolution de la vie microscopique présente dans l’échantillon d’eau. Plus précisément, l’observation sous microscope de ces différents états dévoile d’une part l’écosystème initial et d’autre part deux nouveaux écosystèmes observés après une période de six mois. De ces trois écosystèmes (l’initial et les deux nouveaux obtenus) découlent deux différentes séries d’œuvres graphiques. L’oeuvre H2O est donc composée de la série H2O1 relative à l’observation initiale, ainsi que de la série H2O2, qui témoigne de l’évolution de la matière vivante après enrichissement du milieu lors d’une période de maturation. De cette manière, le « protocole recherche-création » met l’accent sur la notion de croissance exponentielle de la vie en introduisant l’idée de l’infini des possibles : en effet, ce « protocole » de l’œuvre pourrait en théorie être poursuivi dans le temps pour une durée indéterminée, en mélangeant par exemple les nouveaux écosystèmes obtenus et/ou en ajoutant des apports extérieurs. Un seul échantillon d’eau offre ainsi la possibilité de créer une multitude de vies en suggérant l’illusion de l’infini spontané.

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Iglika Christova, Germe 1 – série « H2O », dessin à l’encre sur images de microscopie obtenues par microscopie de fluorescence et contraste de phase ; transfiguration et dévoilement de l’intimité cellulaire d’une goute d’eau, impression sur verre, dimensions variables, 2016.

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Iglika Christova, Germe 2 – série « H2O », dessin à l’encre sur images de microscopie obtenues par microscopie de fluorescence et contraste de phase ; transfiguration et dévoilement de l’intimité cellulaire d’une goute d’eau, impression sur verre, dimensions variables, 2016.

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Iglika Christova, Germe 3 – série « H2O », dessin à l’encre sur images de microscopie obtenues par microscopie de fluorescence et contraste de phase ; transfiguration et dévoilement de l’intimité cellulaire d’une goute d’eau, impression sur verre, dimensions variables, 2016.

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Iglika Christova, Germe 4 – série « H2O », dessin à l’encre sur images de microscopie obtenues par microscopie de fluorescence et contraste de phase ; transfiguration et dévoilement de l’intimité cellulaire d’une goute d’eau, impression sur verre, dimensions variables, 2016.

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Iglika Christova, Germe 5 – série « H2O », dessin à l’encre sur images de microscopie obtenues par microscopie de fluorescence et contraste de phase ; transfiguration et dévoilement de l’intimité cellulaire d’une goute d’eau, impression sur verre, dimensions variables, 2016.

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Iglika Christova, Germe 6 – série « H2O », dessin à l’encre sur images de microscopie obtenues par microscopie de fluorescence et contraste de phase ; transfiguration et dévoilement de l’intimité cellulaire d’une goute d’eau, impression sur verre, dimensions variables, 2016.

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Iglika Christova, Germe 7 – série « H2O », dessin à l’encre sur images de microscopie obtenues par microscopie de fluorescence et contraste de phase ; transfiguration et dévoilement de l’intimité cellulaire d’une goute d’eau, impression sur verre, dimensions variables, 2016.